À retenir
- Deux échéances nationales : un « acte II » est annoncé pour le 24 octobre, suivi d’un « acte III » le 31.
- Un rendez-vous au Bocage : une prise de parole de la population est annoncée le 24 octobre à Sainte-Suzanne, sans représentants politiques.
- Un bilan local lourd : la préfecture faisait état, dimanche 18 octobre, de 18 interpellations et de neuf policiers et deux gendarmes blessés.
- Des couvre-feux ciblés : Sébastien Lecornu annonce des restrictions dès lundi soir. Cette annonce nationale ne signifie pas qu’un nouveau couvre-feu s’applique automatiquement à La Réunion.
Le 24 octobre se prépare aussi dans l’île
La prochaine date. La coordination de gilets jaunes à l’origine de la journée du 17 octobre annonce une nouvelle mobilisation samedi 24 octobre. Son site présente un appel, une carte des actions et un calendrier mentionnant également le 31 octobre. L’appel des organisateurs.
À La Réunion, la préparation passe notamment par des groupes Facebook locaux. À Sainte-Suzanne, une publication annonce un rendez-vous au Bocage le 24 octobre pour donner la parole à la population, en précisant que cette initiative se tiendra sans représentants politiques. La publication annonçant le rendez-vous.
Ces appels peuvent prendre des formes différentes. Une prise de parole, un rassemblement ou un barrage n’ont pas les mêmes conséquences pour les habitants. Les horaires et les modalités des actions locales restent donc à préciser, sans déduire de l’appel national que des routes seront nécessairement bloquées.
Une mobilisation sociale et des violences à distinguer
Le précédent. Samedi 17 octobre, plusieurs rassemblements ont eu lieu dans l’île. À Saint-Pierre, lycéens et gilets jaunes ont notamment participé à une manifestation et défilé vers le front de mer. Les organisateurs avancent une participation d’environ un millier de personnes : il s’agit de leur estimation, et non d’un comptage indépendant.

Des affrontements et des dégradations ont également été signalés dans plusieurs communes, avant une nuit marquée par des incendies et des pillages. Dans son communiqué du dimanche 18 octobre, la préfecture faisait état de 18 personnes interpellées, dont des mineurs, et de neuf policiers et deux gendarmes blessés. Ce bilan correspond aux informations communiquées à cette date, pas à un décompte définitif des suites judiciaires. Les informations de la préfecture de La Réunion.
La nuit suivante, du dimanche au lundi, a été plus calme, malgré quelques feux de poubelles, selon Imaz Press. Le point du 19 octobre.
À La Possession, des salariés et des commerces touchés
Au-delà des dégâts. L’incendie du McDonald’s de La Possession illustre les répercussions économiques immédiates de ces violences. Le restaurant a été détruit, affectant directement les salariés qui y travaillaient.

Dans sa réaction, le maire Erick Fontaine insiste sur les conséquences pour les familles, les commerçants et les habitants. Il affirme vouloir rester à leurs côtés et préserver la tranquillité de la commune. Sa réaction sur Facebook.
L’accompagnement des commerces sinistrés et la situation des salariés font désormais partie des urgences, au même titre que la protection des habitants.
Des couvre-feux annoncés au niveau national
La réponse du gouvernement. Le Premier ministre, Sébastien Lecornu, s’est exprimé lundi 19 octobre à la mi-journée, heure de Paris, à l’issue d’une cellule interministérielle de crise. Après les violences du week-end, il a annoncé avoir demandé aux préfets de mettre en place, dès lundi soir, des couvre-feux partiels et localisés, notamment pour protéger les habitants et les commerces. L’annonce rapportée par LCP, l’article du Monde.
Et dans l’île ? Cette annonce ne signifie pas qu’un nouveau couvre-feu s’applique automatiquement à La Réunion. Une éventuelle déclinaison locale devra préciser les secteurs concernés, les horaires, les personnes visées et la durée des restrictions.
Des condamnations et des demandes de réponses
Les réactions politiques. À Saint-Benoît, Patrice Selly condamne les dégradations contre la gendarmerie de Bras-Fusil. Il demande à l’État davantage de sécurité, une stratégie de prévention et des mesures contre la vie chère. Sa déclaration sur Facebook.
Nouvel R’, le mouvement présidé par Cyrille Melchior, également président du Département, appelle à l’apaisement, au dialogue et à des mesures en faveur du pouvoir d’achat. Il s’agit d’une prise de position du mouvement politique, et non d’une annonce de dispositif départemental. Le communiqué de Nouvel R’.
Dans un communiqué, le RN 974, par la voix de Jean-Jacques Morel, condamne également les dégradations et affirme son soutien aux forces de l’ordre.
Samedi, et après ?
Le 24 octobre donnera une première indication : la mobilisation peut-elle reprendre à La Réunion après les violences du week-end ? Les appels circulent déjà, mais l’ampleur du prochain rendez-vous reste inconnue.
Pour les commerces touchés et leurs salariés, les conséquences sont, elles, bien présentes. À La Possession, il faut désormais envisager la suite après la destruction du restaurant. Pour les familles mobilisées contre la vie chère, la question reste celle des dépenses du quotidien. Au-delà des condamnations et des appels au calme, quelles réponses vont leur être apportées ?
Pour prolonger la réflexion. Dans « La Possession : couvrir les flammes, comprendre les braises », Monsieur Z interroge l’articulation entre réponse immédiate et travail de fond. Cet éditorial d’opinion porte sur le couvre-feu de Moulin Joli, annoncé avant les événements du 17 octobre.
Informations réunies le 19 octobre 2026.








