À retenir
- Audrey Bélim interpelle le ministre de l’Intérieur sur la progression du narcotrafic et des drogues de synthèse.
- Elle réclame des enquêteurs, des contrôles renforcés et des moyens durables pour la prévention.
- Le rapport TREND de l’OFDT consacré à 2025 décrit un marché plus diversifié et des réseaux de revente qui poursuivent leur structuration.
Un marché qui change de visage
Dans son courrier, Audrey Bélim évoque une « évolution alarmante ». Elle pointe l’implantation des réseaux, la diffusion du dou et leurs conséquences sanitaires, sociales et sécuritaires.
Le rapport TREND de l’OFDT sur La Réunion en 2025 apporte du contexte : les trafiquants élargissent leur gamme de produits et utilisent les réseaux sociaux et les messageries pour la revente. L’approvisionnement emprunte les voies aérienne, postale et maritime.
Le phénomène dépasse donc la seule cocaïne interceptée à l’aéroport. Il concerne aussi la circulation de drogues de synthèse et l’organisation de leur distribution sur l’île.
Les chiffres qui donnent la mesure de l’alerte
Selon les données douanières reprises par l’OFDT, 58 « mules » ont été interceptées en 2025 : 44 pour des stupéfiants et 14 pour du transport d’argent.
Dans les travaux présentés à la commission des lois du Sénat en avril 2026, les quantités de cocaïne saisies par les douanes à La Réunion étaient annoncées comme multipliées par treize entre 2018 et 2024.
L’OFDT rappelle toutefois que la hausse des saisies traduit aussi l’intensification des contrôles : elle ne mesure pas, à elle seule, l’évolution de la consommation.
Le dou, une inquiétude aussi sanitaire et sociale
Le dou relève des cathinones de synthèse, des produits stimulants. Le rapport décrit sa diffusion parmi les personnes en situation de précarité et relève des consommations problématiques, avec des envies répétées de reconsommer.
Audrey Bélim insiste sur les conséquences pour l’entourage : détresse des familles, désocialisation et violences intrafamiliales. Elle demande que la réponse porte aussi sur la prévention des addictions et l’accompagnement des personnes concernées.
Ce qu’elle demande concrètement à l’État
La sénatrice formule cinq priorités :
- Renforcer les effectifs et les capacités d’enquête de la police et de la gendarmerie, notamment les services spécialisés.
- Accroître les contrôles et la détection dans les ports et aéroports, avec les douanes.
- Améliorer la coopération avec l’Hexagone et les pays de l’océan Indien, pour démanteler les filières et les circuits de blanchiment.
- Soutenir la prévention et la protection des populations, particulièrement des jeunes, avec les acteurs de terrain.
- Garantir un financement pérenne du plan régional, assorti d’objectifs, d’un calendrier et d’une évaluation des résultats.
Pourquoi c’est important
L’enjeu est de pouvoir agir sur toute la chaîne : l’entrée des produits, les réseaux qui les distribuent, la prévention et les soins. Audrey Bélim demande au gouvernement de préciser les renforts et les budgets envisagés pour La Réunion.
« La lutte contre le narcotrafic ne peut reposer sur la seule mobilisation des acteurs locaux », écrit-elle.
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Le courrier d’Audrey Bélim
Retrouvez les trois pages du courrier adressé au ministre de l’Intérieur le 27 octobre 2026. Touchez une page pour l’agrandir.
Document : Audrey Bélim, courrier du 27 octobre 2026.
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