À retenir
- 42 700 seniors pourraient être en perte d’autonomie en 2050, contre 18 200 en 2021, selon le scénario de référence de l’Insee.
- En 2021, 89 % des seniors en perte d’autonomie vivaient à domicile à La Réunion, contre 70 % à l’échelle nationale.
- Logement, prévention, aidants, métiers de l’accompagnement et déplacements : cinq chantiers structurent les États généraux organisés par le Département et l’ARS.
- Les 3 100 places supplémentaires en établissement évoquées pour 2050 sont un besoin estimé sous certaines hypothèses, et non un programme de constructions annoncé.
Pourquoi c’est important
En 2050, La Réunion pourrait compter 294 000 habitants de 60 ans ou plus, contre 167 000 en 2021. Les personnes de 85 ans et plus seraient plus de quatre fois plus nombreuses, selon l’étude Insee publiée en août 2026.
Ce changement concerne aussi les générations qui travaillent aujourd’hui : leur propre vieillissement, l’aide apportée à leurs parents et l’organisation de la vie familiale. Il engage également les communes, les bailleurs, les employeurs et les professionnels du soin.
L’enjeu est de pouvoir choisir son lieu de vie, avec un accompagnement adapté. Vieillir ne signifie pas nécessairement perdre son autonomie : dans le scénario de référence, cette situation concernerait 15 % des seniors en 2050. L’Insee désigne ainsi les personnes ayant besoin d’aide pour certains actes de la vie quotidienne. Source : étude Insee, n° 109.
À domicile, un équilibre à préserver
À La Réunion, vivre chez soi reste très largement la réalité des seniors en perte d’autonomie. Cette situation s’appuie notamment sur des solidarités familiales encore fortes et sur l’intervention des professionnels à domicile.
Elle s’explique aussi par une offre d’accueil en établissement moins développée : en 2022, l’île disposait de 48 places pour 1 000 habitants de 75 ans ou plus, contre 132 au niveau national.
L’Insee souligne toutefois que les solidarités familiales s’érodent : les seniors cohabitent moins souvent avec d’autres adultes et les proches en capacité d’aider sont moins nombreux. Avec la hausse des besoins, l’accompagnement devra donc se renforcer.
Rester chez soi nécessite aussi de pouvoir recevoir de l’aide, se déplacer et conserver des liens sociaux.
Les cinq chantiers du bien-vieillir
Les rencontres des 26 et 27 octobre à l’Hôtel du Département ont abordé cinq dimensions du quotidien :
- Prévenir plus tôt. Repérer les fragilités, faciliter l’accès aux soins et mieux coordonner les intervenants avant que les difficultés ne s’aggravent.
- Adapter les logements. Sécuriser le domicile et développer différentes solutions d’habitat, notamment intermédiaires ou inclusives.
- Soutenir les proches aidants. Proposer du répit et mieux prendre en compte la conciliation entre accompagnement, travail et vie personnelle.
- Former et recruter. Préparer les professionnels du soin, de l’aide et de l’accompagnement, et valoriser ces métiers.
- Rendre les déplacements accessibles. Penser les transports, les cheminements piétons et les espaces de repos pour permettre de continuer à sortir.
Ces axes figurent dans le programme officiel présenté par l’ARS et le Département.

Ce qui existe déjà — et ce qui reste programmé
Dans leur dossier de presse, les institutions détaillent plusieurs actions engagées. Le Département indique que 2 100 logements ont été adaptés en 2026, pour des personnes âgées ou en situation de handicap. Il fait également état de 66 places ouvertes en résidence autonomie.
L’ARS recense six centres de ressources territoriaux pour renforcer l’accompagnement à domicile. Elle annonce aussi plus de 500 places d’Ehpad programmées, dans le cadre du plan de rattrapage engagé avec le Département depuis 2022. Des places programmées ne sont donc pas toutes des places déjà ouvertes. Source : dossier de presse des États généraux.
Le chiffre à bien comprendre
Les 42 700 personnes en perte d’autonomie en 2050 correspondent à une projection. Dans un scénario plus favorable d’amélioration de la santé, l’Insee estime leur nombre à 34 000.
Quant aux 3 100 places supplémentaires en établissement, elles seraient nécessaires si les taux d’accueil selon le degré de perte d’autonomie restaient ceux observés en 2021. Les besoins dépendent donc aussi de la prévention, des conditions de vie et des solutions proposées à domicile.
Et maintenant ?
L’objectif annoncé des États généraux est de construire une feuille de route partagée, avec des actions concrètes suivies dans le temps. Les points à suivre seront leur calendrier, leurs financements, les professionnels mobilisés et leur traduction dans les communes.
Pour les familles, la question restera pratique : à qui s’adresser, quelle aide trouver près de chez soi et comment obtenir un relais lorsque l’accompagnement devient difficile ? C’est sur ces réponses que se jouera aussi le bien-vieillir à La Réunion.
La publication du Département
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